Des plate formes à Brest - 1 - du déjà vu qu’on espère revoir

vendredi 24 août 2007
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A l’heure où se profile l’espoir de construire à Brest une voire deux plate formes (la deuxième démarrerait 6 mois après la mise en oeuvre de la première, la construction se ferait pour 50 % en Bretagne et l’assemblage serait réalisé entièrement à Brest - le polder civil serait aménagé dans cette perspective) souvenons-nous des quelques plate formes qui ont sillonné la rade :

- La construction neuve ne concerne que les deux plate formes SFX (SEDCO FOREX) réalisées sous la houlette de la DCN entre la fin 1998 et l’année 2000. Il s’agissait de construire deux prototypes semi-submersibles avec la collaboration de plusieurs chantiers : pont principal réalisé par Saint Nazaire et équipé par DCN Brest, Colonnes réalisées par les Constructions mécaniques de Normandie (Cherbourg), Flotteurs par DCN Brest et Lorient, Bras de liaison par C.M.P. Dunkerque. Les entreprises sous-traitantes impliquées se répartissaient de la façon suivante :

Travaux de coque : SMNB (devenue NAVTIS), Timobreiz*, SOBEC, SPIE SPT*, EITOM*, DOURMAP*

Ventilation : SMNB

Tuyauterie : SMNB, EITOM, CAMOM*

Electricité : SMNB, SNEF

Aménagement : SPTMI, SN CNB*

Carénage : SLPN, EGMOCAR (devenu NAVTIS), TMTB*, ATS*

Mécanique manutention : MONTALEV (devenu ENDEL), TIMO*, EGMO (devenu NAVTIS)

*Entreprise liquidée ou disparition branche navale depuis

soit 2500 personnes dont 370 provenant d’environ 80 petites entreprises non recensées ici. La totalité des personnes travaillant en sous-traitance sur Brest s’élevant alors à 3300 personnes (environ 400 sur la fin du porte avion, une centaine au chantier R, 90 aux sous marins, 80 en atelier, 130 sur Brest hors DCN et une petite cinquantaine en déplacement). Ces chiffres proviennent d’une enquête réalisée par le syndicat des Métaux et l’association AVENIR auprès des Comités d’Entreprise en octobre 1999. Entre autres l’enquête soulignait l’installation de la précarité : "Les employeurs ont déclenché le mécanisme depuis 10 ans déjà dans le carénage. A la fin des années 80, toutes les entreprises ont connu de grands creux de charge et des vagues de licenciements inévitables. Les refontes des sous-marins, puis le PAN, ont permis ensuite aux entreprises de prendre un nouveau souffle. Elles ont pu ainsi atteindre en 1996 des effectifs jamais égalés. Les salariés précédemment licenciés ont été réembauchés par les entreprises qui se développaient à ce moment-là ; mais en CDD, venant compenser les surcharges momentanées. Le temps des embauches définitives était révolu : précarité et travail à la petite semaine sont devenu le lot quotidien pour ces caréneurs." et depuis pour de nombreux salariés de la sous-traitance.

Pour info, les types de contrats et la provenance des salariés utilisés sur SFX : 506 CDI, 125 CDD, 661 intérim Brest, 268 intérim ext, 105 personnels ext, 307 personnel étranger, 528 non répertoriés, soit 2500 personnes.

Les deux réalisations se sont effectuées avec trois mois de décalage. Mais la diversification avait un prix : 40 % du budget initial prévu, et n’a pas débouché sur d’autres marchés, d’où la décision de ne pas poursuivre l’aventure au sein de DCN.

Extrait rapport pour le projet de loi de finances 2003 :

"La diversification « de capacité » n’a connu une ampleur importante qu’à Brest, avec les contrats SFX 1 et SFX 2 pour la construction de deux plates-formes de forage pétrolier en mer, lesquelles ont été livrées en juin et juillet 2000 au client Transocean Sedco Forex. Le contrat initial des deux affaires SFX (considérées comme un tout) correspondait à un budget prévisionnel de 178 M € ; mais de nombreuses modifications à l’initiative du client ont été effectuées en cours de réalisation. DCNI (le porteur du contrat) a donc présenté à Transocean Sedco Forex des réclamations pour travaux supplémentaires qui - après une négociation très difficile allant jusqu’à l’initiation par DCNI d’une procédure d’arbitrage - ont été soldées en janvier 2001 par un accord transactionnel augmentant le prix du contrat d’un montant de 86 M € . Par ailleurs des remboursements d’assurance, revenus financiers et aléas contribuent aux recettes pour 7,5 M € à ce jour. L’ensemble des recettes n’a néanmoins pu couvrir l’ensemble des dépenses du projet, qui se solde par une perte pour DCN.

On note que la mise en place à fin 2000-début 2001 par le Délégué interministériel aux restructurations de défense de « Brest Offshore », un GIE à vocation de promotion commerciale rassemblant DCNI (pour compte de l’établissement DCN de Brest) et quatre industriels implantés sur le site de Brest n’a donné lieu à aucun contrat malgré une activité commerciale de plus d’une année et surtout n’a suscité aucun appel d’offres auquel les partenaires de « Brest Offshore » aient été en mesure de répondre par une proposition au nom du groupement. Pour DCN, actuellement en phase de recentrage sur ses activités militaires, l’intérêt d’une poursuite de la diversification civile de capacité peut être mis en question."

Drôle d’histoire qui ne se termine pas si mal à nos yeux, compte tenu du travail fourni et de l’enjeu à réaliser, car il s’agissait de prototypes rappelons-le ; dommage que ces plate formes, obtenues en grande partie grâce aux revendications des salariés craignant le creux de charge de la fin du Porte Avion, n’aient pas pu participer davantage à ces objectifs de diversification de DCN... Mais, au fait, que sont-elles devenues ?

- A souligner d’autre part, la réparation, rénovation, transformation de plate formes qui existe à la Sobrena depuis les AFO : un autre article (à venir) permettra de découvrir les travaux effectués.

Voici la photo d’une plate forme - qui a transité par Brest - en poste dans son pays.

Petit concours : retrouver son nom, l’année de sa présence en rade de brest, et l’endroit où vous pouvez l’apercevoir sur la photo (à gagner : deux places de cinéma)


Portfolio

photomystère

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